Uberisation

L'uberisation (ou ubérisation), du nom de l'entreprise Uber, est un phénomène récent dans le domaine de l'économie consistant à l'utilisation de services permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact direct, de manière quasi-instantanée, grâce à l'utilisation des nouvelles technologies. La mutualisation de la gestion administrative et des infrastructures lourdes permet notamment de réduire le coût de revient de ce type de service ainsi que les poids des formalités pour les usagers. Les moyens technologiques permettant l'« uberisation » sont la généralisation du haut débit, de l'internet mobile, des Smartphones et de la géolocalisation. L'uberisation s'inscrit de manière plus large dans le cadre de l'économie collaborative. Ce concept s'oppose en fait à celui connu depuis des générations, et particulièrement depuis les trente glorieuses, c'est à dire le monde fixe et réglementé du salariat.

D'où vient il?

Premier à avoir popularisé le terme, Maurice Lévy, patron de Publicis, l'a employé lors d'une interview accordée en décembre 2014 au Financial Times. «Tout le monde commence à s'inquiéter d'être ubérisé», prophétise le publicitaire, en référence à l'application de VTC. «C'est comme si vous vous réveilliez un matin et que votre activité traditionnelle s'était envolée», a-t-il précisé. «L'ubérisation est un néologisme qui peut s'utiliser pour décrire comment une start-up à travers une plateforme numérique permet de mettre en relation les entreprises et ses clients, note Bruno Teboul, auteur du livre Ubérisation = économie déchirée. Le terme s'inspire directement d'Uber.» En effet, Uber a bousculé en un temps record le secteur du transport de personnes, jusqu'ici monopole
des taxis, qui ont vu d'un très mauvais œil l'arrivée de l'Américain dans leur précarré.

Description

Uber a réussi un coup de maître en parvenant à s'immiscer non pas dans les dictionnaires mais dans le langage courant, fût-il celui des spécialistes du numérique. À l'instar de Google qui a réussi à créer un verbe spécifique pour la recherche en ligne («googliser»), Uber est devenu, grâce au néologisme portant son nom, le symbole de cette nouvelle génération d'entreprises innovantes. «L'emploi du terme “ubérisation” constitue une gigantesque campagne de communication dont Uber profite, sans débourser un sou, confirme Marcel Botton, fondateur de l'agence Nomen, spécialiste des marques. Le buzz gratuit a remplacé la publicité, ce qui est très avantageux du point de vue de celui qui en bénéficie.»

Une définition de l'ubérisation est donnée par Guillaume Sarlat pour Le Figaro : « L'Uberisation, tout le monde en parle aujourd'hui : tous les business model des grands groupes seraient sur le point d'être disruptés, ubérisés, .. en un mot pulvérisés par une multitude de startups beaucoup plus agiles et innovantes. »

Parmi les services cités comme initiant l'uberisation de l'économie, on cite Airbnb, Booking.com ou Amazon.

Le fonctionnement d'un service ubérisé comprend généralement des éléments incontournables complété :
• plateforme numérique de mise en relation entre client et prestataire ;
• réactivité maximisée par la mise en relation immédiate du client et du prestataire, par proximité géographique ;
• paiement du client à la plateforme qui prélève une commission ;
• paiement du prestataire par la plateforme ;
• évaluation croisée du service : le client évalue le service reçu et le prestataire évalue le client.

Conséquences :

Depuis l'affaire Uberpop dans le domaine du transport de personnes, d'autres secteurs craignent de disparaître, sous l'effet de l'ubérisation de leur métier.

C'est par exemple le cas des boutiques de prêt-à-porter concurrencées par les sites de déstockage ou des hôteliers qui doivent faire face à la concurrence d'Airbnb. Ce site créé par deux Américains en 2008 permet aux particuliers de louer une chambre inoccupée ou un logement à des vacanciers.

Le site de covoiturage Blablacar, présent dans 19 pays, rencontre un tel succès qu'il a obligé la SNCF à proposer elle aussi un service de covoiturage !

Quant au site Seloger.com, il rafle les annonces immobilières au grand dam des agences traditionnelles…

Aucun secteur ne semble à l'abri du phénomène car on trouve désormais toutes sortes de services sur Internet : location de voitures, vente de repas à prix cassés, coiffure à domicile et même du crowdfunding (un financement participatif qui concurrence les banques).

L'ère du numérique change la donne et le rapport de force entre des start-up innovantes et les acteurs traditionnels d'un secteur.

La riposte s'organise mais, dans ce nouvel environnement plus concurrentiel, les entreprises traditionnelles doivent réagir vite… ou mourir.

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[source : http://www.gralon.net/articles/internet-et-webmaster/creation-site-internet/article-l-uberisation---definition-et-consequences-9311.htm;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Uberisation;
http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/11/09/32001-20151109ARTFIG00210-ce-que-cache-exactement-le-nouveau-mot-uberisation.php]

Clotilde Decaux

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