Cables sous-marins numériques

Un câble sous-marin est un câble posé sur le fond marin, destiné à acheminer des télécommunications ou à transporter de l'énergie électrique.

La plupart des télécommunications mondiales transitent par des câbles sous-marins, qui sont au nombre de 263 (en 2014)1. Le câble évite la perte de temps induite par le temps nécessaire pour effectuer une transmission par satellite (0,24 seconde dans le cas d'un aller-retour vers un satellite géostationnaire). En 2013, environ 99 % du trafic intercontinental, données et téléphone, sont transmis sous les océans2.
Ces câbles sont un enjeu stratégique et géopolitique. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont en position de lire au moins un quart des échanges transatlantiques, et peuvent s'opposer à l'installation de câbles qu'ils n'ont pas la possibilité de contrôler dans l'Atlantique comme dans le Pacifique2.
Les câbles sous-marins sont mis en place et maintenus par des navires câbliers, après reconnaissance bathymétrique pour repérer le trajet idéal (le plus court, mais sans risque pour le câble).
Par faibles profondeurs, et lorsque la nature du fond le permet, les câbles sont généralement ensouillés à l'aide d'un outil marin de type charrue à soc creux afin de minimiser les risques de crochages par le train de pêche des chalutiers. Les câbles ont en général un diamètre de 69 mm et pèsent environ 10 kg/m, même si des câbles plus légers et plus fins sont utilisés pour les sections en eaux profondes.

Les câbles sous-marins numériques sont apparus en 1988 avec la pose du câble transatlantique TAT-8 (en), contenant deux paires de fibres optiques. Aujourd'hui la technologie numérique transporte indifféremment sur tous les continents (sauf l'Antarctique) l'interconnexion du réseau Internet, le réseau téléphonique et les réseaux professionnels de télévision numérique.

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Dernière actualité: Fin mai 2016, Microsoft et Facebook annoncent la construction commune d'un câble sous-marin à fibres optiques, qui traversera l'océan Atlantique pour relier Virginia Beach (États-Unis) à Bilbao (Espagne), ce qui représente 6 600 km de câbles. Baptisé Marea, le câble disposera de huit paires de fibres et aura une capacité initiale estimée de 160 térabits par seconde qui pourra augmenter facilement grâce à une grande interopérabilité avec des équipements réseaux multiples. La construction commencera en août 2016 et devrait être achevée en octobre 2017.

La pose d'un câble vu d'Orange:

La pose d'un câble sous-marin est une opération complexe qui est préparée très en amont. Outre les montages financiers et les partenariats entre opérateurs de télécommunication, la première étape consiste à étudier le tracé. Une opération de reconnaissance des fonds (survey) consiste à :

faire des relevés GPS pour positionner le câble et les répéteurs
cartographier les fonds et les reliefs sous-marins
déterminer les profondeurs d'immersion à l'aide de relevés bathymétriques
faire des relevés géologiques pour analyser la nature des sédiments (carottage..)

Une fois que le "survey" est achevé, Orange Marine fait appareiller le René Descartes, direction Calais, pour récupérer les milliers de kilomètres de câbles fraîchement sortis de l'usine Alcatel-Lucent Submarine Networks. Une fois que les câbles et les répéteurs ont été embarqués, le René Descartes se rend sur zone.

La pose d'un câble sous-marin

Dans le cas d'un départ de plage, le câblier reste à quelques miles de la côte. Une embarcation secondaire tire alors le câble du bateau vers la station terminale située à terre. En zone côtière, le René Descartes tire systématiquement des câbles à double armure.

Beaucoup plus épais, plus solides et plus lourds, ces câbles sont renforcés pour éviter les accidents tels que la coupure d'un câble par une ancre ou par l'arrachage par un chalut de pêche par exemple. En haute-mer, le René Descartes déploie des câbles de grands fonds plus légers (17 mm).

Des répéteurs sont également disposer tous les 50 à 100 kilomètres pour amplifier les signaux. Un répéteur ressemble à une ogive d'1 mètre de long pour 30 centimètres de diamètre et coûte 1 million $. Un câble transatlantique tel que le FLAG Atlantic (FA-1) a ainsi besoin de 70 répéteurs pour que le signal partant de Plérin (Côtes d'armor) parvienne jusqu'à Island Park (New York).

Grâce à la polyvalence du René Descartes, Orange peut poser des câbles sous-marins selon deux procédés complémentaires. La première méthode est la plus classique : le câble est déroulé sur le fond des océans. Selon la topographie sous-marine, il sera éventuellement "ancré" sur certains points du tracé. En configuration classique, le René Descartes pose entre 80 et 120 kilomètres de câbles par jour.

La seconde méthode nécessite des savoir-faire très spécifiques, aussi bien pour les compétences que pour les équipements utilisés. Lorsque l'étude de reconnaissance du tracé a révélé des zones sensibles, le René Descartes fait appel à sa charrue d'ensouillage pour creuser une tranchée sous-marine qui protégera le câble.

Baptisée Elodie, la demoiselle est tout habillée de jaune et pèse tout juste 35 tonnes. Très impressionnante, la charrue dispose d'un soc - inclinable via de puissants vérins hydrauliques - capable de creuser un sillon de 3 mètres de profondeur pour enterrer le câble sous les sédiments.

Depuis le pont arrière, les équipes de France Télécom Marine installent le câble de manière à ce qu'il traverse la charrue d'avant en arrière. Le treuil géant soulève la charrue et la descend délicatement au fond de la mer. Dès lors, la charrue est tractée par le navire à faible vitesse, de l'ordre de 700 mètres par heure (soit 17 kilomètres par jour).

La charrue creuse la tranchée puis dépose le câble. Le sillon se remblaie naturellement très vite. Les opérations sont suivies par l'équipe de contrôle qui surveille l'ensouillage sur un mur d'écrans. La caméra fixée sur la charrue permet de vérifier le bon déroulement de la pose, tandis que des dizaines d'indicateurs mesurent en temps réel la distance, la position et la tension du câble. Toutes les informations transitent via le cordon ombilical qui relie en permanence la charrue au navire.
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Sources:
https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A2ble_sous-marin
http://www.ariase.com/fr/reportages/navire-cablier-rene-descartes-3.html
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/ezflow_site/storage/images/docfr7/cartes/monde/c001745-les-cables-sous-marins-dans-le-monde-en-2014/16269617-1-fre-FR/Les-cables-sous-marins-dans-le-monde-en-2014_large_carte.jpg
http://www.journaldunet.com/management/diaporama/nexans/images/deroulement.jpg
http://jeromecold.fr/wordpress/wp-content/uploads/2011/07/cablageftorange1.jpg

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